v. 1240–1302 • Florence · Assise · Pise

Cimabue

Quand l’image sacrée commence à prendre corps.

Cimabue ne rompt pas avec la peinture médiévale. Il commence à la transformer de l’intérieur.
Cimabue en quelques mots

Peintre florentin de la fin du Moyen Âge, Cimabue renouvelle la tradition byzantine en donnant davantage de volume et d’expression aux figures religieuses. Son œuvre annonce les transformations majeures de la peinture italienne, notamment celles de Giotto.

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De la tradition byzantine à Cimabue

Icône byzantine

Une image sacrée qui rend présent le divin

Vierge à l’Enfant de tradition byzantine

Vierge à l’Enfant — tradition byzantine. Image source conservée sans modification.

Détail original : visage

VisageFrontal, hiératique et codifié : le regard paraît intemporel.

Détail original : geste

GesteLa main allongée adopte un geste symbolique plutôt que spontané.

Détail original : fond or

Fond d’orIl évoque un espace sacré, hors du temps et sans profondeur naturelle.

L’icône n’est pas une simple représentation.
Elle ne cherche pas d’abord à ressembler à une personne réelle. Elle rend présent le sacré et permet une relation avec lui : présence, éternité et spiritualité priment sur le réalisme et la perspective.

Cimabue

L’image sacrée commence à prendre corps

Cimabue, Maestà de Santa Trinita

1 — Maestà de Santa Trinita, vers 1290–1300 — Galerie des Offices, Florence.

Détail du visage

VisagePlus de modelé, moins d’abstraction : la figure gagne en présence humaine.

Détail du corps

CorpsOn perçoit davantage le volume sous les vêtements : la Vierge a un poids physique.

Détail du trône

TrôneIl tente de construire un espace et une profondeur, au-delà du simple fond plat.

Détail des anges

AngesEncore superposés, ils commencent à s’organiser autour d’un espace commun.

Deux autres œuvres

Le corps et l’action deviennent plus sensibles

Cimabue, Crucifix de Santa Croce

2Crucifix de Santa Croce

Avant 1288 — Santa Croce, Florence. L’œuvre source est affichée telle quelle.

VisageLa souffrance devient plus visible et expressive.
CorpsLe corps a un poids : il s’affaisse et son modelé se lit davantage.
PoseElle paraît moins abstraite et plus humaine.
Crucifix de Cimabue endommagé
L’histoire de l’œuvre — l’inondation de 1966
Le 4 novembre 1966, l’inondation de Florence submerge Santa Croce. Le Crucifix est souillé par l’eau et la boue et perd environ 60 % de sa surface peinte. Après un long travail de restauration, il devient l’un des symboles du sauvetage du patrimoine florentin. Les grandes lacunes claires visibles aujourd’hui sont les traces de cette catastrophe.
Cliquer sur la vignette pour agrandir l’œuvre.
La Flagellation du Christ, attribuée à Cimabue

3La Flagellation du Christ

Attribuée à Cimabue.

CorpsLe Christ est modelé et légèrement tourné : la souffrance devient physique.
GestesLes bras levés des bourreaux rendent l’action immédiatement lisible et expressive.
EspaceLes architectures suggèrent un lieu, même si le fond d’or reste dominant.
À retenir

Le déplacement essentiel

Icône byzantine

Image sacrée qui rend présent le divin

Vierge à l’Enfant de tradition byzantine
  • Fond d’or
  • Frontalité
  • Corps peu perceptible
  • Espace symbolique
  • Le réalisme n’est pas l’objectif
  • Fonction : rendre présent le sacré
→

Cimabue

L’image sacrée commence à prendre corps

Maestà de Santa Trinita
  • Fond d’or toujours présent
  • Corps plus volumineux
  • Visages moins codifiés
  • Début de profondeur et d’espace
  • Gestes plus expressifs
  • La fonction sacrée reste centrale

La phrase à retenir

Présence sacrée → présence sacrée + présence corporelle.

Après Cimabue : Giotto

Avec Giotto, les personnages prennent davantage de poids, de mouvement et d’émotion. Découvrez comment la peinture devient un récit vivant.

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